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    RENCONTRE

    En visite à Beyrouth pour s’entretenir avec les responsables et visiter le contingent italien de la Finul à la veille des fêtes de fin d’année, le président du Sénat italien Pietro Grasso a affirmé à « L’Orient-Le Jour » que l’Italie est convaincue que toutes les crises doivent être résolues par le dialogue, y compris en Syrie.

    Au bout de deux jours passés au Liban, le premier consacré aux entretiens politiques et le second à une inspection du contingent italien de la Finul, en compagnie du commandant en chef de cette force, le général Portolano, Pietro Grasso a tenu à exprimer sa solidarité (et celle de son pays) avec le Liban en cette période critique qu’il traverse.

    Avant de reprendre l’avion pour Rome, il a affirmé à L’Orient-Le Jour, à l’aéroport, qu’il repart relativement rassuré car il a constaté, à travers les entretiens qu’il a eus à Beyrouth, que toutes les parties sont convaincues que la vacance à la tête de l’État est le problème le plus pressant, qu’il faut donc régler au plus tôt. En même temps, il est heureux d’apprendre « la bonne nouvelle de l’ouverture d’un dialogue entre le courant du Futur et le Hezbollah. Ce qui donne beaucoup d’espoir pour l’avenir du Liban car cela montre que les Libanais savent que le dialogue est la seule solution possible ». Mais le président du Sénat italien a ajouté que cela n’élimine pas pour autant les nombreux problèmes auxquels est actuellement confronté le Liban, notamment la menace que représente le groupe État islamique (EI – Daech) et le poids des réfugiés syriens.

    Au sujet des réfugiés syriens, l’Italie, déclare le président du Sénat, est totalement solidaire du Liban et cet appui ne s’exprime pas seulement verbalement. Il se traduit aussi concrètement, à travers l’action des ONG et des institutions de l’Onu, mais aussi dans la coopération bilatérale entre les deux pays. Dans ce contexte, les efforts de l’Italie se concentrent dans deux directions, celle du ministère des Affaires étrangères et celle du ministère de la Défense qui financent tous les deux des projets de développement, non seulement pour les réfugiés, mais aussi pour les Libanais.
    Lorsqu’on lui fait remarquer que les Libanais estiment que la plupart des promesses d’aides financières qui leur ont été faites dans le cadre des conférences internationales de soutien n’ont pas été tenues, M. Grasso précise que le monde entier et l’Europe traversent actuellement une crise économique globale qui fait que les pays sont en général soucieux de limiter leurs dépenses. « Les Occidentaux, dit-il, font donc beaucoup d’efforts pour se serrer la ceinture, mais, concernant le Liban en particulier, l’Italie a tenu ses promesses. « Nous avons respecté nos engagements et nous continuons de le faire », insiste encore M. Grasso, qui ajoute qu’au contraire, l’Italie vise à renforcer ses liens avec le Liban et que sa mission s’inscrit dans ce cadre. D’ailleurs, l’Italie donne des sessions de formation militaire aux forces armées libanaises, qu’il s’agisse de l’armée ou des FSI.

    Au sujet de la possibilité de l’ouverture d’un nouveau foyer de tension au Sud, via le Golan et les fermes de Chebaa, Pietro Grasso raconte qu’il était au Sud dans la matinée (d’hier) et qu’il a constaté que la situation y était stable. Ses entretiens avec le contingent italien et le commandant en chef de la Finul l’ont conforté dans cette impression. Il estime donc qu’il n’y a pas de craintes particulières à avoir, d’autant que la Finul joue parfaitement son rôle et veille à la stabilité tout en parrainant une sorte de dialogue entre l’armée libanaise et l’armée israélienne. « Il faut préserver ce contact, même élémentaire, car c’est la seule voie qui peut mener vers les solutions, celles-ci supposant des concessions de toutes les parties », ajoute-t-il.
    Pietro Grasso affirme qu’il n’a pas évoqué ni avec la Finul ni avec le président Berry le tracé des frontières maritimes entre le Liban et Israël, ainsi que les informations faisant état d’un vol du pétrole par l’État hébreu au large des côtes libanaises.

    Est-il question de retirer le bras armé du Hezbollah de la liste des organisations terroristes de l’Union européenne comme cela a été le cas pour le Hamas ? Le président du Sénat italien répond que la question du Hamas relève de la compétence de la Cour de justice européenne. Il s’agit d’un dossier technique. « Mais concernant le Hezbollah, il s’agit d’une question qui relève de la compétence de l’Union européenne. »
    Selon le président du Sénat italien, son pays base sa politique étrangère sur le dialogue. « En ce qui nous concerne, dit-il, nous prônons un dialogue avec toutes les parties, y compris en Syrie. » Dans ce contexte, l’Italie considère que l’émissaire de l’Onu chargé du dossier syrien, l’Italo-Suédois Staffan de Mistura, effectue un travail important pour trouver le moyen d’orienter le conflit syrien vers une solution politique. « Et l’Italie espère participer à cette solution en même temps que toutes les forces régionales », conclut-il.

    Le président du Sénat italien s’était donc rendu au Liban-Sud dans la matinée pour inspecter le contingent italien au sein de la Finul en compagnie de l’ambassadeur Giuseppe Morabito. Reçu par le commandant en chef de la Finul, le général Luciano Portolano, au siège principal de Naqoura, M. Grasso s’est informé au sujet de la mission des Casques bleus et du contingent italien en particulier. Il a ensuite réaffirmé l’engagement de son pays aux côtés du Liban, ajoutant que la stabilité du Liban est significative pour toute la région. Il a aussi rendu hommage aux soldats italiens au Liban qui œuvrent pour la paix, souhaitant aux Libanais et aux Italiens de joyeuses fêtes.

    De retour à Beyrouth, le président du Sénat, toujours accompagné de l’ambassadeur d’Italie, s’est rendu au musée national qu’il a visité avec intérêt avant de se rendre au déjeuner donné en son honneur par le ministre de la Culture Rony Araiji, en présence du nonce apostolique, de l’ambassadrice de l’Union européenne, du député Alain Aoun et de l’ancien ministre Ziyad Baroud.

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